Toit pour toi

Grégoire SKICKI explique comment est né le projet de l’Association "Toit pour toi : réussir ensemble" :

J’ai vécu assez longtemps dans la brousse, au Cameroun. Quand je suis arrivé à Nice, j’ai d’abord été ébloui par la beauté de cette ville. Mais j’ai été aussi très surpris. Au Cameroun, pays très pauvre, il n’y a pas de sans abri. Comment se faisait-il que dans une ville aussi riche et belle, il y ait tant de gens à la rue ?

« La beauté d’une ville, disait l’abbé Pierre, la beauté d’une nation, n’est pas dans ses jardins, ses théâtres, ses musées, ni même dans ses cathédrales. Elle consiste à ne pas avoir de taudis ; elle consiste à ne pas avoir de désespérés.» Avec l’association «Toit pour toi», nous travaillons donc à la beauté de notre ville. Nous voulons vivre ici quelque chose de beau.

le Negresco sur la promenade des Anglais

Cette association est née d’un constat : je voulais être présent aux personnes défavorisées qui sont à la rue. Or, j’habitais dans un quartier chic, bourgeois, à quelques dizaines de mètres de la mer. Et la maison des Oblats comportait de nombreux mètres carrés inoccupés. Que pouvions-nous faire pour être cohérents avec ce que nous étions ? C’était un simple réflexe de solidarité. J’avais honte de dire à mes copains de la rue que j’habitais rue de France !

Le centre d’accueil de jour tenu par le Secours catholique était plein. Il ne pouvait que renvoyer les jeunes à la rue ! Et nous, nous habitions une maison en grande partie inoccupée… Il fallait faire quelque chose.

Nous avons donc décidé, Jacques LANGLET et moi, de créer une association qui a pour but de gérer une structure de logement temporaire. Jacques a suggéré que l’association s’appelle « Toit pour toi : réussir ensemble ». Pour être efficaces, il faut en effet être plusieurs et il faut des personnes compétentes. Sinon, on fait plus de mal que de bien. Jacques, qui travaille au Samu social, se charge des tâches administratives et financières.

la salle à manger rouge et blanc de l'association

Les jeunes, que nous accueillons pour six mois, nous sont obligatoirement adressés par des professionnels : des assistants sociaux, des éducateurs. C’est une garantie de réussite. Si la personne accueillie revenait, au bout de six mois, au point initial, ce serait vraiment un échec. Durant ces six mois, quelque chose d’important se passe dans la vie de nos jeunes. Six mois doivent suffire pour que la personne se pose, stabilise sa situation sociale, trouve un travail et un logement, modeste mais autonome.

La communauté oblate, qui était éparpillée dans toute la maison, s’est donc regroupée, de façon à libérer deux étages. Le premier étage est un espace commun, un lieu de vie. C’est là qu’on se rencontre: il y a un salon. C’est là que l’on peut faire sa lessive, sa cuisine, manger ensemble…

Cinq chambres ont été aménagées au deuxième étage. Puis cinq autres au troisième. Chaque chambre a sa couleur; des couleurs vives. C’est simple, propre, élégant. L’investissement a été financé par la Fondation de Mazenod. Merci à elle. Et merci aux autorités oblates de France qui ont appuyé notre projet.