Sanctuaire

1- A travers ses écrits

Les textes où Eugène de Mazenod parle du Sacré Cœur sont nombreux durant toute cette période.

Nous ne citerons ici que les plus représentatifs d'entre eux.

Retraite d'entrée au Séminaire en octobre 1808 :

Ah, Seigneur, que deviendrais-je, si je n'osais m'approcher de votre Cœur adorable pour y consumer au milieu des flammes de votre amour tout ce qui doit passer par cette fournaise pour n'être pas matière aux feux maudits de l'enfer."

Lettre à sa mère du 25 décembre 1808 :

"Cherchons-nous souvent dans le Cœur de notre adorable Maître, mais surtout participez souvent à son Corps adorable, c'est la meilleure manière de nous réunir car, en nous identifiant chacun de notre côté avec J.C., nous ne ferons qu'un avec lui et par lui et en lui nous ne ferons qu'un entre nous."

Conférence spirituelle du 19 mars 1809 :

"Le Cœur de Jésus brûlait d'amour pour nous. Le mien est insensible à son dévouement."

Lettre à sa mère de fin avril 1809 :

"Souvenez-vous qu'en honorant le Sacré Cœur de Jésus, c'est puiser l'amour de Dieu dans sa source et qu'en rendant hommage à celui de Marie, c'est lui rappeler toute la tendresse qu'elle nous a accordée sur le Calvaire quand son divin Fils nous légua à elle comme devant être ses enfants" (le tout accompagné de l'envoi d'images des Sacrés Cœurs)

Lettre à sa mère du 1er mai 1810 :

"En honorant le Sacré Cœur de Jésus, c'est puiser l'amour de Dieu dans sa source" (référence inconnue ou sans doute inexacte – DVO – note 9
"La fête du Sacré Cœur est la fête de l'amour de Jésus Christ pour les hommes. Il faut donc aimer les autres avec la force de l'amour du Christ."

Lettre à sa sœur du 9 février 1811 :

"Consultons quelques fois notre crucifix, nous trouverons dans les plaies de notre divin Modèle la réponse à tous nos misérables prétextes. C'est dans ce fidèle miroir que nous discernerons ce qu'il peut tolérer d'avec ce qu'il défend. Laissons parler son cœur au nôtre, écoutons sa voix."

Conférence du 30 juin 1811:

"Dans peu de jours, nous célébrerons cette autre fête si chère à l'Association, la fête de l'amour de Jésus Christ pour les hommes, la fête du Sacré Cœur."

Retraite en vue de l'ordination de décembre 1811 :

"Il a souffert, il a fait semblant de ne pas s'apercevoir des outrages sanglants que je ne cessais de lui faire ; toujours le même, il m'ouvrait son cœur amoureux."

Un bon résumé de son sens du Sacré Cœur nous est fourni par la lettre à sa mère du 30 mai 1809 :

"Il faut avouer que je me sens une confiance qui m'étonne ; comme cette confiance n'est pas appuyée sur mes propres forces et qu'elle est uniquement fondée sur les mérites et la miséricorde de Notre Saveur, rien n'est capable de la troubler. Il me semble que je ne pense à mes péchés que pour tâcher de les réparer en me dévouant tout entier au service de Celui que j'ai tant offensé et qui m'a encore plus aimé."

2 – Règlements et notes de retraite.

Nous pouvons dire que toute la vie de saint Eugène prêtre sera guidée par le règlement qu'il se donne à son retour à Aix en 1812. Au sujet du Sacré Cœur, nous pouvons y lire :

Règlement de vie de 1812 :

"Je veux être prêtre selon le Cœur de Jésus… Le Cœur de Jésus est le prototype du nôtre " (ce texte est donné par le Dictionnaire de Valeurs Oblates, à l'article Sacré Cœur note 12 qui, hélas est difficilement vérifiable).

Dans ses notes de retraite, le Sacré Cœur sera également toujours très présent :

retraite de fin d'année 1812 :

"Nous devons nous conformer aux sentiments du Cœur de Jésus, en n'aimant que ce qu'il aurait aimé, c'est à dire la gloire de son Père."

Même chose dans sa retraite de décembre 1813 :

"Pour ne pas oublier ce qui est contenu (dans ce règlement), je le relierai tous les premiers vendredis du mois, jour que je choisis pour faire autant que possible une retraite, au moins de la moitié de la journée."

3 – Action à partir de la chapelle de la Mission

Dès 1818, il obtient des vicaires capitulaires que les Missionnaires de Provence soient chargés de la fête annuelle du Sacré Cœur. Aussi cette fête se déroulera-t-elle dans la chapelle de la Mission qui consacrée au Sacré Cœur. Cette fête, assortie d'une octave, nécessite une grande et minutieuse préparation. D'abord, les jeunes de l'œuvre de la Jeunesse y sont étroitement associés. Puis la neuvaine préparatoire entraîne de nombreuses instructions pour les fidèles qui viennent nombreux. Les confessions abondent à cette occasion. Le jour de la fête elle-même est marqué par une grande’ messe solennelle ainsi que, l'après-midi, par une grande procession qui se déploie sur tout le Cours et des termine par la bénédiction du Saint Sacrement, donnée soit depuis les marches de la chapelle soit depuis un reposoir dressé en haut du Cours devant l'hôtel du Poët.

Dans nombre de ses écrits, Eugène de Mazenod parle de cette fête, soit qu'il y participe lui-même soit qu'il s'y unisse par la pensée. "Ce jour là, mon esprit est avec vous et vingt fois, que dis-je, cent fois, je pousse quelque exclamation vers vous." (lettre au p. Courtès du 24 juin 1825)

4 – Fondation de 'l'union du Sacré Cœur'

En 1819, Eugène de Mazenod érige à la maison d'Aix la pieuse Union du Sacré Cœur de Jésus. Il invitera un peu plus tard chacun des supérieurs à faire de même dans chacune des communautés des Missionnaires de Provence. On sait, par les Codex qui ont été conservés, que ces associations seront très florissantes à Marseille (au Calvaire), à Nancy et à Notre Dame de Bon Secours.

En 1822, Eugène de Mazenod publie une brochure intitulée 'Exercice à l'honneur du Sacré Cœur qui se fait par les agrégés tous les premiers vendredis de chaque mois dans l'église du Sacré-Cœur, dite de la Mission, à Aix.'

5 – Le Sacré Cœur et l'œuvre de la Jeunesse

Dans son œuvre de Jeunesse, la place de la dévotion au Sacré Cœur est importante. Il ne manque pas de signaler chaque année la participation des Congréganistes à la procession du Sacré Cœur. On notera en particulier la magnifique description qu'il en fait le 15 juin 1817

La vraie dévotion au Sacré Cœur pour ces jeunes comprend trois sortes de participation :

  • la participation aux pieux exercices en l'honneur du cœur de Jésus qui sont célébrés chaque premier vendredi du mois et qui encouragent un rythme mensuel de communion, ce qui est un gros progrès sur l'unique communion annuelle d'alors. (lien avec l'eucharistie)
  • l'offrande quotidienne au cœur de Jésus de la vie, souffrances et joies, des activités et des passivités et qui développe la vocation universellement co-rédemptrice de la personne humaine, participation qui est toujours reliée au sacrifice eucharistique (nous retrouverons cela dans le numéro 33 de Lumen.Gentium
  • la participation aux manifestations publiques de dévotion au Sacré Cœur afin de poser par là un signe missionnaire, annonciateur de la tendre miséricorde du Dieu fait homme.

Source (écrits du P. Bernard Dullier, omi.)